Carnet

CARNET

Chaque jour, trois phrases - parfois notes de travail, parfois journal intime -.





25 octobre 2020

Aussitôt que tu te sens brûlé, tu es dans le vrai et tu écris juste.

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Tu multiplies les gestes extraordinaires, tu vas vers tout ce qui t'extrait de la masse de ces vieux terriens.

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Bâtis-toi étage après étage, comme une tour sans fin.

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24 octobre 2020

Je vis comme un prophète, j'écris ce que j'espère.

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Trace les points, puis accroche-toi à chacun d'eux pour progresser au milieu des vagues.

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La mission que je me suis donnée, c'est d'agrandir l'océan.

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23 octobre 2020

D'abord tu repousses le monde en dehors du cercle t'entourant, ensuite tu écris tout ce que tu sais de ce monde.

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Cultive le vide en toi, l'avenir te rejoindra.

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Comment pouvoir t'envoler, comment quitter instantanément ce lieu et tous ses habitants, voilà ce qui t'occupe jour et nuit.

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22 octobre 2020

Tu cherches ta forme, ce que tu es vraiment et quelles phrases te désignent.

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Voilà comment ça s'est passé, tout ce dont je me souviens, et je n'y suis pour rien, j'ai sans cesse esquivé.

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La peinture est précieuse, il faut la protéger, elle est magique et rayonne à des centaines de mètres.

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21 octobre 2020

La solution est là, cachée entre les phrases, et tu vas la trouver.

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Chaque jour je prépare mon grand départ, l'évasion de ce vieux monde dément.

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Les sentiments étaient évanouis, tu vas les réveiller, tu vas les dévoiler, les exposer au grand jour.

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20 octobre 2020

Chaque matin, tu te bats pour imposer tes phrases partout autour de toi.

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La forme précède le fond, lorsque mon corps brûle d'écrire quelque chose, les mots viennent à son secours.

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C'est sur la crête de la montagne que tu parviens à trouver ton équilibre.

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19 octobre 2020

Ton futur te protège, c'est lui qui, comme un ciel clément, t'aide face aux dangers présents.

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Tu découpes à même le monde quelques milliers de phrases, tu les singularises.

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Comme la flèche, tu ne regardes pas d'où tu viens ni par où tu passes, mais seulement où tu vas.

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18 octobre 2020

Tu appelles un nouveau monde, tu le fais sortir de toi et envahir l'ancien jusqu'à le remplacer.

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Sans relâche tu déplies tes phrases, tu marches droit devant.

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Abreuve-toi le plus régulièrement possible du nectar des dieux.

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17 octobre 2020

Tu attends les signes, le moment venu ils arrivent toujours.

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Va sur le point central et recueille ton sentiment présent.

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Attache-toi à faire tourner le monde sur lui-même, à accélérer toutes choses.

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16 octobre 2020

L'opposition te nourrit et te rend plus grand.

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Je suis occupé à monter sans limite et sans fin, animé par une vitesse qui naît en dehors de moi.

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Puisque tu te bats jusqu'au dernier instant, tu n'auras rien à regretter.

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15 octobre 2020

Les phrases s'avancent comme des évidences, exigeant l'écriture.

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Si tu n'es pas entendu, augmente le volume de tes phrases, appuie plus fort.

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Le spectacle recommence, le grand numéro des clowns, si drôles et si tristes à la fois, et qui fascine soixante-sept millions d'enfants.

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14 octobre 2020

Chaque fois que tu sais où tu vas, la route n'est qu'une formalité, le livre s'écrit tout seul.

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L'envie est là et aussitôt les images se forment, c'est plus fort que toi.

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Tu voudrais vivre loin de tous, dans ton propre pays et hors de portée de la bêtise des autres.

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13 octobre 2020

Tu prépares de grandes choses, tu vas accroître ta taille.

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J'écris dès que le monde me parle.

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Transforme la moindre prairie en océan rebelle.

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12 octobre 2020

Chacun de tes livres est venu de lui-même vers toi pour te demander de l'écrire.

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Et que tu atteignes enfin la terre que tu t'étais promis.

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Tu n'es pas seulement le roi, tu es à la fois le père et le fils, le passé, le présent, le futur.

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11 octobre 2020

Ton corps s'élève imperceptiblement, il ne touche plus terre, il lévite.

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N'écoute que toi, va où tu dois aller.

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La lumière, la solitude, l'éternité, voilà ce qui t'a toujours attiré.

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10 octobre 2020

Tout doit revenir à toi pour que tout puisse repartir de toi.

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Milliers de corps étrangement immobiles, à la façon des bateaux amarrés par beau temps et qui oublient la mer.

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Tu cherches l'antique formule magique pour écrire les prophéties, et donc les matérialiser.

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9 octobre 2020

Occupe-toi de ton île au trésor et oublie tout le reste.

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Là-bas, tu vis dans ton été, tu es protégé de tout, tu es éternellement toi.

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Trouve ton point de fuite, accélère, et disparais derrière l'horizon.

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8 octobre 2020

Fuis tous tes congénères, vis caché, reste au milieu de tes amies les phrases.

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Je suis parti si loin, par bonheur je ne serai jamais rejoint.

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Tu n'es pas le premier, mais toi aussi tu fabriques ta propre électricité.

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7 octobre 2020

C'est le ciel lui-même qui descend vers toi.

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Je tente de déplacer mon corps d'un pays à l'autre en l'espace de quelques secondes, le temps d'une phrase.

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Chaque fois que tu découvres un diamant, il te faut l'isoler et le placer au-dessus du reste.

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6 octobre 2020

Le plus difficile étant, bien sûr, de garder les idées claires au beau milieu des fous.

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Tous les matins de toutes les semaines de toutes les années, je lève l'ancre et je prends la mer jusque vers midi.

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Laisse un immense espace entre chaque phrase et la magie naîtra.

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5 octobre 2020

À chaque nouveau sentiment un nouveau chapitre, de petits pas mais de nombreux pas.

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Tu choisis des routes que personne ne peut bloquer.

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Ce n'est pas toi qui décide quelle œuvre tu laisseras, c'est l'œuvre elle-même qui prendra vie ou non.

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4 octobre 2020

Ce que tu vois, personne d'autre ne parvient à le voir, et c'est pour ça que tu dois l'écrire.

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Tous les ans, tu décuples la taille du monde.

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Tu n'as pas le temps de ralentir, à peine celui de dormir au cœur de ta course continue.

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3 octobre 2020

Tu es porté par ces millions de lettres invisibles qui flottent autour de toi.

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Nageant au milieu du ciel, telle la cime des plus hauts épicéas sur le flanc des plus hautes montagnes.

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Quelles que soient les conditions, le futur t'attire comme si une fronde t'avait propulsé vers lui.

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2 octobre 2020

Il ne s'agit pas seulement de marcher sur un fil, mais d'y courir.

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Avec le temps, tu apprends à tracer des virages de plus en plus larges et de plus en plus élégants.

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Quand tu auras traversé la plage, tu trouveras l'océan qui ne s'achève pas.

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1er octobre 2020

Tu es un professionnel de l'évasion, tu trouves toujours la solution pour traverser les murs.

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Habiter la moitié de l'année une ville construite en plein océan.

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Ton seul système de pensée, c'est ton corps et les réactions que produisent sur lui la lecture, l'écriture, l'Art, le vin, l'amour.

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   SUITE >>>>>





NOTES :

- Le Carnet existe depuis 2007. Il est en cours d'archivage.

- La partie 2014-2016 paraîtra prochainement sous forme de livre papier.

- Télécharger le Carnet du confinement (Carnet du 17 mars au 10 mai 2020).