Carnet

CARNET

Chaque jour, trois phrases - parfois notes de travail, parfois journal intime -.





21 juillet 2026

Faut pas se laisser faire, faut savoir prendre le temps, et se donner du jeu, et n'en faire qu'à sa tête, si je veux, comme je veux, quand je veux.

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La nuit, les vivants voient tous leurs morts en rêve.

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Escalader, redescendre, enjamber les pics, enchaîner les sommets les uns après les autres.

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20 juillet 2026

Pas une partie de l'Univers qui ne soit mobile en secret.

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Pendant que j'écris ces lignes, pendant que vous les lisez, des millions de corps traversent le ciel au-dessus de nos têtes pour se rendre d'un point à un autre.

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Chaque vague t'apporte de nouvelles pensées, que tu transformes en phrases, chaque goutte est en quelque sorte une lettre minuscule.

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19 juillet 2026

Chacun sa drogue, chacun son yoga, toi ce sont les lignes imprimées, l'encre sur le papier.

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Pendant que j'écris, mon nouveau monde se construit.

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Tu vois une armée affolée courant à l'assaut d'un mur invisible, des fantassins désarmés, des cavaliers dressant leur monture, des chars se cabrant contre une pente imaginaire.

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18 juillet 2026

Où en sommes-nous avec l'espace ? je dirais qu'il reste à conquérir.

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Il existe un autre côté, donc il faut avancer, pousser le paravent, bousculer le décor, et accéder à la suite.

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Je suis assis sur un fauteuil ou un canapé, et cependant je marche sur la plage et l'océan m'entoure, comment est-ce possible ?

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17 juillet 2026

J'ai dévoré le feu, me voilà bien, je partage le sort de tous les écrivains, brûlant sans me consumer.

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Aussi inattendu qu'un bouquet de roses trémières jaillissant sur un trottoir, sans crier gare, souveraines et délicieusement hautaines.

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Je grimpe sans raison dans le premier bus qui passe, je vais où il ira.

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16 juillet 2026

Diversité est mère de tous les délices, chaque jour un nouveau livre, un nouvel auteur, une nouvelle époque, un nouveau pays.

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Boire, aimer, manger, lire, rire, dormir, mais pas seulement.

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C'était le soir et le soleil tombait, soudain il rebrousse chemin et remonte, et le jour se lève à nouveau.

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15 juillet 2026

"Où es-tu ?" te demande parfois ta femme au téléphone, et tu réponds naturellement : "Partout et nulle part".

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Je lis, donc je m'enrichis, j'ajoute des mots à mon corps.

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Tu vides la lagune à la petite cuillère, tu la remplis de même l'année suivante, plein, vide, plein.

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14 juillet 2026

Un autre monde, une autre vie : la vraie vie est celle qu'on lit.

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Tout ce qui t'affaiblit tu l'oublies, tout ce qui te consolide tu l'adules.

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La parole libère naturellement, elle permet de voler.

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13 juillet 2026

Toutes les choses que tu ne pourras pas emporter avec toi, tu les garderas à jamais en mémoire, tellement regrettées donc tellement magnifiées.

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Je ne repasse jamais deux fois au même endroit.

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Ta boussole ? les couleurs et les matières, elles te guident dans les rues des grandes villes.

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12 juillet 2026

Je suis parti depuis si longtemps que j'ai oublié où j'allais.

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Non pas le petit prince, plutôt le petit roi : c'était tout moi.

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Sans le savoir, je commençais ma route inflexible au milieu d'un monde chaotique, et cinquante ans après je la poursuis.

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11 juillet 2026

La vérité, c'est qu'à chaque page lue l'océan s'agrandit.

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Les mots soient loués, j'ai retrouvé la foi en moi.

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Jusqu'à la sortie du livre, tu éprouves un certain plaisir à avancer masqué.

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10 juillet 2026

Quand tu saisis un livre, les pages s'ouvrent avec joie, elles n'attendaient que toi.

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Boire, manger, lire, dormir, vaste programme.

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Jamais repu, jamais blasé de grandir, l'arbre donne une feuille, plus une autre, et dix, cent, mille feuilles, sortant toutes du même tronc et de la même terre.

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9 juillet 2026

J'ai réussi, je suis parti, j'ai quitté le sol, échappé à l'atmosphère, oui j'ai quitté la Terre.

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Tant et tant de soucis, tant et tant de corps, et si peu de réconfort en dehors des phrases.

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J'ai la chance d'emprunter un bateau spécial, rapide et insubmersible, léger, seyant et coloré.

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8 juillet 2026

Je ne récite pas le texte à haute voix, je le lis tout bas, je le pense tout au fond de moi.

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Feu noir et feu blanc, le texte est puissant.

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Après ça, chacun fera comme il voudra, le plus beau temple est celui qui n'appartient qu'à soi.

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7 juillet 2026

Vive ces lignes droites qui t'autorisent à accélérer au-delà de toute mesure.

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Je me sens tomber de très haut, et très vite, dans une grande jubilation intérieure, comme un caillou que la terre attire.

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La mer c'est ta famille, tu es ici chez toi.

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6 juillet 2026

Sais-tu quelle heure il est à l'horloge de ton c½ur ?

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J'ai besoin d'explorer les plus grands déserts de la Terre.

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Les mers de sable ne sont que des montagnes cachées sous une surface mouvante.

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5 juillet 2026

Puissent toutes tes phrases filer dans un concert joyeux, chacune admirant celles qui la suivront.

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Finalement, j'ai dormi comme une pierre.

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La houle frappe la coque du bateau amarré, on dirait qu'elle lui reproche son escale, qu'elle rêve de l'enlever et l'emporter très loin.

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4 juillet 2026

L'existence d'un moment aussi beau est impossible, et pourtant il est là, resplendissant.

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Je sais écrire cela, mais je n'ai aucun mérite.

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Bientôt, tu relâcheras de l'intérieur de ta tête quelques paragraphes, quelques chapitres, quelques pages.

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3 juillet 2026

Tu n'as pas plus à demander la permission d'écrire ce que tu veux, que l'arbre n'a à demander celle de pousser.

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Faute de notation musicale, avant le Moyen-Âge la musique ancienne nous est restée inconnue, celui qui n'écrit pas restera sans voix.

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On pratique tous les jours un grand jeu : faire battre son c½ur, respirer, dormir, manger, marcher.

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2 juillet 2026

Il faut bien être quelque part, si on veut vivre dans la félicité, alors autant se tenir au c½ur de la lecture.

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Dans les rues, on croise de plus en plus de chiens accompagnés de leurs maîtres.

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Et toujours de longs nuages, soigneusement rangés sur le ciel, des cumulus alignés comme pour un défilé.

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1er juillet 2026

Tous les livres que j'ai aimés m'ont aimé en retour davantage encore.

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Pour ressusciter, il faut beaucoup travailler.

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Tu n'es plus dispersé, tu as réussi à bâtir ta tour de Babel, maintenant aucun dessein ne sera irréalisable.

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   SUITE >>>>>





NOTES :

- Le Carnet existe depuis 2007.

- La partie 2007-2020 du Carnet, jadis hébergée sur un blog de Gandi.net et disparue d'Internet, est en cours d'archivage pour être remise en ligne ici.

- Des phrases du carnet, soudées les unes aux autres, ont composé le texte du poème Le seul fou (Ed. Allia, 2024).