Carnet

CARNET

Chaque jour, trois phrases - parfois notes de travail, parfois journal intime -.





19 février 2026

Les heures de soleil approchent, les récompenses éternelles se pressent, elles courent déjà vers toi, elles sont en manque de toi.

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Voici venu le moment de se laisser purifier par les eaux du vieil océan.

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Tu vas lancer tes yeux le plus loin possible dans le futur, et les ramener à toi ensuite pour écrire tout ce qu'ils ont vu.

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18 février 2026

Tu cherches un banc et tu attends le printemps, la roue tourne toujours.

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Voilà la clé : les phrases agissent secrètement et bousculent le vieux monde.

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Tu le confesses, tu as été désigné, élu par la bêtise, la paresse et la jalousie d'autrui, ils t'ont forcé malgré eux à te défendre, donc à te libérer.

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17 février 2026

La fatigue t'apporte la sérénité, qu'elle en soit remerciée.

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Le Temps joue avec moi, on s'amuse comme ça tous les deux, et ça n'a pas de prix.

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Les eaux sacrées t'entourent et te portent, comme un baptême perpétuel dans lequel tu serais le fidèle et le dieu.

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16 février 2026

Je ne croyais pas que j'arriverais si haut, comme quoi l'attraction terrestre est une fable.

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Soit dit en passant, dans ton métier, tu as croisé quelques imposteurs, des frimeurs, simulateurs, mystificateurs, hâbleurs et autres bluffeurs.

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Une fois au sommet, on voit les choses plus clairement, tout est plus beau et paradoxalement plus précis et plus grand.

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15 février 2026

Incontestablement, tes phrases travaillent pour toi.

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Chacun abrite une forêt intérieure, et il doit l'explorer.

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Plus tu écris, plus le monde se sent obligé envers toi.

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14 février 2026

Pourquoi dormir ? Jamais assez de temps, jamais assez d'heures pour lire et écrire, penser, calculer, méditer.

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Comme, au cirque, le maître du tigre sait dominer son fauve, tu es capable de conjurer le drame.

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Sur la plage, l'eau se rapproche et le ciel s'éloigne, les nuages vont et les vagues viennent, mouvement perpétuel.

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13 février 2026

Impossible de remercier suffisamment le Temps pour tout ce qu'il t'a offert.

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Par chance, tu as acquis l'expérience sans avoir à en payer le prix.

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D'une certaine façon, l'Espagne a toujours été ta Terre Promise.

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12 février 2026

Les millions de mots sont la seule ressource de ton c½ur.

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La joie, tu la sens en posant tes yeux sur les lettres.

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L'allée de chênes est ta haie d'honneur, un encouragement et une confirmation de ta vocation.

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11 février 2026

J'ai été vivant autrefois, à présent je suis immortel, sur-vivant et plus vif que tous les existants.

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Voilà des petites professions de foi qui t'aident à bondir plus loin.

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C'est l'épopée, l'aventure héroïque de laquelle normalement on ne revient pas, et pourtant si.

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10 février 2026

On voit chaque jour la guerre féroce que livrent les images aux mots.

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En quelque sorte, tu es de permanence, c'est à toi de garder la flamme allumée, de préserver le feu.

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Comme un trou de lumière dans l'hiver, une bande de ciel intensément bleu coincée entre des murs élevés.

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9 février 2026

Laisse les autres brasser l'air à ta place, travaille à ton immobilité.

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Toute une vie cachée dans une enfance, toute une vie sauvée par une enfance.

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Tu restes le roi de tes phrases, et c'est là l'essentiel.

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8 février 2026

Tu n'es que la main racontant l'événement, et rien ne peut t'arrêter dans ta tâche.

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C'est une drôle d'existence que vivre pour écrire.

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L'eau est montée et menace de tout inonder, mais tu poursuis ton travail comme si tes phrases accompagnaient la crue.

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7 février 2026

Le soleil est soudain face à toi au milieu du ciel, il t'éblouit, il t'éclaire comme s'il te désignait.

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Les mots cachent des univers, des histoires, des corps qui naissent, vivent, meurent, ressuscitent sous un autre nom.

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Ce qui t'a secoué, tu ne songes qu'à le raconter.

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6 février 2026

Tu cherches à reboucher des trous et des failles qu'on ne peut et qu'il ne faut pas combler, le vent est à ce prix.

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Parfois, je me dis que je suis enfermé dans un harem de phrases.

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De nouveau la pluie, grande roue du ciel d'hiver, l'été caniculaire paraît si loin, c'est la joie des saisons.

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5 février 2026

Tant et tant de feuilles serrées les unes contre les autres dans la bibliothèque.

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Sans un peu de nuit, comment apprécier le jour et les couleurs qu'il produit, verts et bleus éclatants.

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Tout le monde est en voyage, mais peu de gens le savent.

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4 février 2026

Je suis une grande anomalie.

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Les écrivains jouent avec de la dynamite.

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Les heures ici sont si denses que les journées durent moins longtemps et le soleil tourne plus vite.

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3 février 2026

L'été perpétuel, voilà ton programme pour les semaines qui viennent.

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Le vent va à nouveau pouvoir circuler dans toute ta maison.

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Tu es une pensée constamment en mouvement, qui saute d'un état à un autre, solide, liquide, gazeux, et même intemporel.

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2 février 2026

Comme un puzzle dont chaque pièce contiendrait un nouveau puzzle avec d'autres pièces, on peut toujours creuser.

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Je ne pense qu'à dépenser.

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Ma foi, voilà un vrai festin, des substantifs, quelques noms propres, beaucoup d'adjectifs, et avec ça la conjugaison, et même l'orthographe.

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1er février 2026

Dans cette époque, une vie comique n'est pas possible sans lire.

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Les mauvais jours tu man½uvres ton bateau laborieusement, les bons jours tu sais tournoyer sur les eaux.

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Ce monde-ci est une mauvaise plaisanterie, il s'agit donc de la transformer, autant de fois qu'il le faudra, en une bonne plaisanterie, un ravissant spectacle.

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31 janvier 2026

Naturellement, de temps en temps, il te faut trouver un peu d'argent, qui plus est légalement, alors tu vends tes textes.

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Tu roules plein phares, aveuglant tous ceux qui pourraient te faire face.

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La pluie redouble, les chaussées se changent en miroirs tristes, mais les arbres décharnés préparent, mine de rien, leur résurrection.

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30 janvier 2026

Écrire c'est aussi lire, et lire c'est aussi écrire.

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Le bonheur marche, comme on dit, la route est la destination.

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Faites place à l'envoyé de l'envoyé, à celui qui s'envoie lui-même en mission ici-bas.

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29 janvier 2026

Et pourtant tu tournes, tes intérêts prospèrent, tes idées grandissent, tu t'étends comme un océan.

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De furieuses vagues aboient contre toi, mais tu souris et tu poursuis.

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Comme un être devenu intraçable, un homme invisible, une ombre légère, un simple songe, bonjour bonsoir.

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28 janvier 2026

La vie, on fait tout pour ne pas la perdre, et même pour la garder toujours, toujours rester ici, toujours vivant parce que toujours lu.

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Continu mystère de la colère humaine, sans raison, sans limite, sans remède.

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Quelle curieuse époque ! elles le sont toutes, mais c'est dans celle-ci que tu vis et écris.

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27 janvier 2026

Car en vérité tu es un miroir des c½urs.

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Tu es heureux par une seule façon, qui est celle de montrer ce que tu vois devant toi et en toi.

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Va chercher la lumière où elle se trouve : dans les histoires inventées.

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26 janvier 2026

Tout ce qui restera, ce seront les arbres, ils ne disparaissent jamais, ils survivent de graine en graine.

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Tu rêves que tu as rêvé que tu rêvais.

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La nuit, des ombres se glissent dans les couloirs, marchent en silence, leurs souliers ôtés pour ne réveiller personne.

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25 janvier 2026

Mais oui, c'est vrai, le monde est un conte plus fantastique chaque jour.

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Parfois, une ruelle ressemble à un puzzle s'assemblant et se désassemblant tout seul à la vitesse de l'éclair.

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Les couleurs primaires, bleu, rouge, jaune, te nourrissent comme une eau fraîche, une pomme, un yaourt ou une noix.

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24 janvier 2026

Quelquefois, le miracle survient sans s'être annoncé.

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Comme chacun, tu marches pour t'ouvrir l'appétit, et tu lis pour t'ouvrir l'esprit.

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Ces rares secondes volées à la misère sociale, tu les traques comme un enragé.

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23 janvier 2026

Peu importe si on zigzague, tant qu'on s'amuse et qu'on avance malgré tout, on amènera le soleil jusqu'au fond des grottes.

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Souvent, tu te sens comme une mouette rieuse, plongeant dans les vagues pour attraper son dîner.

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Pourvu que cela s'agite, pourvu que jamais le spectacle ne cesse.

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22 janvier 2026

La répétition scrupuleuse des gestes justes te sauvera du déluge.

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Ils ont voulu voler ta vie, à toi de la protéger, la sacraliser, la sanctifier.

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À l'abri des feuillages, tu attends le passeur et sa barque d'argent, qui te mènera gracieusement jusqu'à l'autre rivage.

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21 janvier 2026

Vivez déjà dans le futur, il ne pourra rien vous arriver.

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Le pauvre quidam n'a aucune chance si, très jeune, il n'a pas été prévenu, alerté, entraîné et sur-entraîné contre le laminoir social : Famille, État, Église, Usine.

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Partout une foule d'ennemis, et presque pas d'amis.

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20 janvier 2026

Sans fin tu grandiras.

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On ne le sait pas assez, mais écrire c'est combattre un ennemi redoutable : le mensonge social.

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Tout cela arrive pendant que tu galopes joyeusement sous le ciel d'orage.

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19 janvier 2026

La vérité survit par la fiction, c'est le but du roman, le divin roman.

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Oui, tu vas garder le cap, quels que soient les vents, la mer démontée ou la mer d'huile.

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L'espoir, pour passer de l'un à l'autre de tes bras, ne nécessite aucun effort de ta part, il circule spontanément dans tout ton corps.

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18 janvier 2026

J'ai tellement de secrets que même moi je ne les connais pas tous.

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On avance à marche forcée dans le récit de la vie.

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Tu restes dans ta tour d'argent, tu y élèves et protèges tout ce qui à tes yeux le mérite.

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17 janvier 2026

Rends constamment hommage à ta reine, la reine des reines, la langue française.

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Tes histoires tournent en boucle sur elles-mêmes, et ainsi deviennent un moteur, jamais le texte ne cessera tant que quelqu'un le lira.

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Que la paix soit sur toi, Marc, mon évangéliste, ici dans les lettres ton corps va reposer.

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16 janvier 2026

Le soleil ne s'arrête jamais de tourner, personne ne peut le stopper, si tu ne cesses jamais d'écrire, personne ne pourras t'arrêter.

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On a besoin de finir ce qu'on a commencé.

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Tu attends impatiemment le printemps, l'invasion du vert de la terre au ciel.

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15 janvier 2026

Écrire des romans est une autre façon de vivre.

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La grande hérésie, longtemps ignorée : l'amour entre deux humains meut le soleil et les autres étoiles.

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Rends au ciel toute sa splendeur.

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14 janvier 2026

Tout semble parfois plus faux que le vrai, plus vrai que le faux.

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Tu respires simplement ton époque à pleins poumons, pollution comprise.

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L'océan revient, la mer se remplit de nouveau, on peut mettre le bateau à l'eau, le pousser dans les vagues, et cap au large.

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13 janvier 2026

Ce qui est perdu d'un côté est gagné de l'autre, n'est-ce pas, il faudrait pouvoir être partout à la fois.

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Les gisants passent lentement sur les eaux, flottant les uns après les autres sur leur barque respective.

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Tu te tais, comme chaque fois que tu sens que quelque chose cloche, et tu restes sur tes gardes.

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12 janvier 2026

Géométriquement, tu te tiens tout entier sur un point.

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Sur le long terme, je me trompe rarement, parce que je persévère dans mes plus intuitives erreurs.

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Tu crées une attraction gravitationnelle, tu mènes la grande danse cosmique.

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11 janvier 2026

Tes souvenirs reviennent constamment, ils ne se chevauchent jamais, ils s'enrichissent sans cesse.

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Le temps s'écoule vite, mais celui d'un homme est maigre, moins de cent ans, soit une trentaine de milliers de jours, et dans les huit cents mille heures.

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Tu vises toujours le sommet, tu l'atteins régulièrement, entre rarement et souvent.

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10 janvier 2026

Les faits sont faibles, les phrases sont fortes.

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Tu es un immense bolide fonçant à travers le chaos.

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Le monde est parfaitement réussi dans sa bêtise, merdre, merdre, merdre, incontestablement.

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9 janvier 2026

La terre est une balle, elle tourne, et même elle roule, et tu veux l'imiter.

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Le ciel a beau se fâcher, se remplir de nuages, d'orages et d'ouragans, il peut bien appuyer autant qu'il veut sur le sol, ce dernier ne cède pas, l'un est mou, l'autre dur.

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Toi tu es plein de vide, tu es le réservoir du monde, ce qui lui permet de continuer d'exister.

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8 janvier 2026

Lutter contre les ombres, boxer l'invisible, ça te connaît.

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C'est ainsi que tu te rendras d'îles en îles.

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Tu te penches à la fenêtre de ton étrange château, en haut d'une de ses tours de pierre blonde découpées sur un ciel bleu.

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7 janvier 2026

Les pages, toujours semblables et toujours vivantes, et nouvelles, et ressuscitant perpétuellement.

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Chacun a peur, ou du moins se méfie, redouble de prudence et veut se protéger, c'est logique.

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Le Temps est mobile et tu peux t'y accrocher aisément, pour te laisser emporter par l'été qui n'est jamais achevé.

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6 janvier 2026

Même si ça se passait il y a trois cents ans, tu étais là, tout comme tu le seras si ça arrive dans dix ans, en quelque sorte tu vois tout, et tu entends tout de l'Histoire du monde.

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Suivez-moi dans le dédale, surtout ne me perdez pas de vue, patientez, vous finirez enchantés.

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Tu te fiches carrément de tout en dehors des livres de ta bibliothèque, de ces pages que tu parcours tranquillement, délicieusement.

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5 janvier 2026

Tu es prêt à escalader n'importe quelle paroi, aussi verticale soit-elle.

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Le grand barnum du monde redouble d'effets spéciaux et d'acrobaties, musique militaire et parades en tout sens, et la plupart du temps c'est drôle.

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Les grands auteurs n'ont peur de rien, c'est impressionnant.

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4 janvier 2026

Au sens propre, écrire appauvrit, mais tant pis.

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Les ombres naissent avec soudaineté.

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La mer revient vers les fleuves, et les fleuves ne débordent jamais.

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3 janvier 2026

Comme tout le monde, tu cherches le sentier facile, le chemin qui accélérera ta course.

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"Bonjour et bonne année", ils se la souhaitent plus qu'ils ne te la souhaitent, mais c'est le jeu.

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Chacun fait comme il peut, chacun fait tout ce qu'il peut, et tant mieux si ça suffit pour survivre au grand naufrage en cours.

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2 janvier 2026

Tu es attaché à tes mots comme les étoiles le sont au firmament.

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L'eau te traverse sans cesse, ton corps se charge de la mesurer, la peser, la goûter.

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L'envie, la curiosité, une forme de folie en guise de puissant moteur, te font traverser des déserts et déplacer des montagnes.

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1er janvier 2026

Les voici, tous les corps, vivant, criant, riant, pleurant, et finalement s'exprimant, tous les corps parlants.

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La porte était ouverte et je l'ai franchie, je suis en route, je me rapproche chaque jour de ma destination.

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Vers les paradis naturels, c'est le meilleur cap, tu les atteins très vite, tu t'y arrêtes une heure, un mois, une année entère.

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NOTES :

- Le Carnet existe depuis 2007.

- La partie 2007-2020 du Carnet, jadis hébergée sur un blog de Gandi.net et disparue d'Internet, est en cours d'archivage pour être remise en ligne ici.

- Des phrases du carnet, soudées les unes aux autres, ont composé le texte du poème Le seul fou (Ed. Allia, 2024).